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La Tour de Livres

City on Fire - Garth Risk Hallberg

28 Mars 2016, 11:36am

Publié par Valentia

Afficher l'image d'origineTitre : City on Fire

Auteur : GArth Risk Hallberg

Editeur : Plon

Catégorie : Contemporain

Date de publication : Janvier 2016

 

                Un phénomène sans précédent. Voilà ce qu’est avant tout le roman de Garth Risk Hallberg, City on fire. Et pour cause : un premier ouvrage de presque mille pages pour lequel se sont battus les éditeurs américains, finalement raflé par Knopf pour la modeste somme de…deux millions de dollars. Ce qui en fait le roman (ou du moins le premier roman, selon les sources) le plus cher de l’histoire. En France également la bataille fut rude, remportée par Plon qui se refuse à communiquer un chiffre ; on parle tout de même d’une somme oscillant entre 150 000 et 200 000 euros. Précisons également qu’avant même sa parution, les droits d’adaptation avaient été acquis par Hollywood, plus précisément par Scott Rudin, producteur notamment de No country for old men et There will be blood. Une broutille.

                Mais alors, que peut bien raconter un tel pavé ? Est-il à la hauteur de l’engouement qu’on lui porte ? Je vais tenter, du mieux que je peux, de répondre à la première question. Pour la seconde, à chacun de se faire son opinion.

                On pourrait croire, en lisant les premiers chapitres, que Garth Risk Hallberg multiplie les personnages comme il multiplie les points de vue. Erreur : on se rend vite compte que le roman n’a en quelque sorte qu’un seul personnage, New York. Et plus précisément le New York de la fin des années 70 avec ses mouvements punks, ses feux d’artifice et sa drogue qui semble circuler comme n’importe quelle denrée quotidienne. Et c’est en se plaçant derrière différents êtres qui gravitent dans et autour de cette ville que l’on va peu à peu la découvrir. L’héritier désavoué d’une grande famille de la finance, ex-leader d’un groupe de punk rock et peintre junkie à ses heures ; le fils rouquin d’une famille juive de banlieue délaissé par sa mère au profit de ses frères jumeaux ; un professeur afro-américain venu à New York pour y écrire le roman du monde ; un financier véreux prêt à tout pour assouvir ses rêves de pouvoir ; un flic bancal en fin de carrière ; un groupe d’anarchistes ayant une vision bien à eux de l’avenir de New York… Je ne les citerai pas tous. Et, au milieu de tout ça, une fille laissée pour morte dans Central Park le soir du Nouvel An 1977. Mais dans ce roman-fresque, la résolution du crime est presque secondaire.

                En lisant cet ouvrage, vous avez intérêt à vous accrocher car chaque personnage est d’importance égale, et il s’agira de vous rappeler qui est qui et quelles relations ils entretiennent les uns avec les autres. Ce qui le caractérise également, outre l’alternance incessante de points de vue, ce sont les allers-retours temporels, souvent indiqués mais parfois plus subtils, le tout culminant lors du black-out du 13 juillet 1977 qui laissa New York dans le noir pendant des heures. Et enfin, dernière spécificité, les « interludes » qui séparent entre elles les six parties du texte : article journalistique, fanzine punk, lettre, récit destiné à un psy… Eléments essentiels qui éclairent le récit de diverses façons. Et, je dois bien le dire, en jetant à nouveau un œil à ces interludes en rédigeant cette critique, j’ai presque envie de relire l’ouvrage à la lumière de tout ce que je sais, pour y apporter un éclairage nouveau.

                Sans être un chef-d’œuvre, le roman de Garth Risk Hallberg est indubitablement un projet ambitieux, qui pourrait presque s’apparenter pour le lecteur à un jeu de piste à travers New York, ville tentaculaire qui n’a de cesse de tisser des liens entre les êtres et leurs histoires respectives. Affaire à suivre. 4/5

 

Ce livre fait partie du 2016 Reading Challenge dans la catégorie : Un livre paru cette année.

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